Sarah Legrain

Publié le 27 septembre 2022
27 septembre 2022

Non à la fermeture des piscines municipales !

Ma question écrite

Mme Sarah Legrain inter­roge Mme la ministre des sports et des jeux Olym­piques et Para­lym­piques sur la fer­me­ture sou­daine de pis­cines muni­ci­pales sur le ter­ri­toire. Alors que le 27 juillet 2022, Mme la dépu­tée avait inter­pe­lé Mme la ministre au sujet de l’ac­cès à l’ap­pren­tis­sage de la nata­tion, on a appris le lun­di 5 sep­tembre 2022, en pleine ren­trée, qu’une tren­taine d’é­qui­pe­ments n’ou­vri­raient pas leurs portes, à l’ins­tar de l’es­pace spor­tif Paille­ron, le bas­sin le plus fré­quen­té de Paris.

Ce sont plus de 2 000 sala­riés (la plu­part contrac­tuels ou en CDD pré­caires) qui se sont retrou­vés en chô­mage par­tiel sans que les com­munes n’aient leur mot à dire. Des groupes sco­laires ont per­du les cré­neaux d’ac­cès aux pis­cines, alors même que l’ap­pren­tis­sage de la nata­tion figure au pro­gramme de l’é­du­ca­tion natio­nale et fait par­tie du plan mis en œuvre face aux 1 000 noyades que la France dénombre chaque année, pre­mière cause de mor­ta­li­té par acci­dent de la vie cou­rante chez les jeunes de moins de 25 ans. Ces fer­me­tures sont direc­te­ment liées à la délé­ga­tion de la ges­tion de ces pis­cines publiques à la socié­té pri­vée Vert Marine. L’en­tre­prise s’est décla­rée « dans l’im­pos­si­bi­li­té de faire face à l’aug­men­ta­tion des prix de l’éner­gie » et à une fac­ture qui pas­se­rait de 15 à 100 mil­lions d’eu­ros pour ces équi­pe­ments par­ti­cu­liè­re­ment gour­mands en gaz et en élec­tri­ci­té. La mai­rie de Paris semble avoir réus­si à contraindre Vert Marine de rou­vrir la pis­cine Paille­ron, mais après « d’in­tenses dis­cus­sions » selon l’ad­joint char­gé du sport, qui avait dénon­cé un « chantage ».

D’autres muni­ci­pa­li­tés ont dû accep­ter, en contre­par­tie de la réou­ver­ture, de prendre en charge une par­tie du défi­cit annon­cé pour l’an­née 2022, ou encore d’a­che­ter le gaz et l’élec­tri­ci­té à coût enca­dré pour ensuite les revendre au même mon­tant à Vert Marine. Or Frus­tra­tion Maga­zine rap­pelle que cette entre­prise a vu croître consi­dé­ra­ble­ment ses béné­fices grâce à la mul­ti­pli­ca­tion de ses contrats de délé­ga­tion, au point que ses divi­dendes ver­sés sont pas­sés de 1,5 mil­lion en 2017 à 4,5 mil­lions en 2020 et ce mal­gré les confi­ne­ments liés à la crise sani­taire. Comme le montre une enquête du Monde Diplo­ma­tique parue en juillet 2022, la logique de pro­fit conduit ces entre­prises à pri­vi­lé­gier les offres com­mer­ciales ren­tables – sau­na, espaces bien être, sola­rium etc. – au détri­ment de l’ac­cueil de sco­laires ou de clubs spor­tifs et de la pra­tique de la nata­tion. On y déplore des éco­no­mies faites sur le per­son­nel, insuf­fi­sant, mal for­mé et mal rému­né­ré et sur la main­te­nance tech­nique. À cela s’a­joute désor­mais la déci­sion assu­mée de rompre l’o­bli­ga­tion de conti­nui­té de ser­vice. Cette situa­tion invite Mme la dépu­tée à poser plu­sieurs questions.

Mme la ministre envi­sage-elle de remettre en cause ces délé­ga­tions au pri­vé qui font encou­rir un risque de rup­ture de conti­nui­té du ser­vice public et de pres­sion mal­saine sur les col­lec­ti­vi­tés ? Au vu des annonces du Gou­ver­ne­ment sur de pos­sibles ration­ne­ments à venir et des choix qui avaient été faits pen­dant la crise sani­taire, faut-il craindre qu’une fois de plus la pra­tique spor­tive soit consi­dé­rée comme « ines­sen­tielle » ? Enfin , elle lui demande s’il faut craindre que les Fran­çais ne puissent plus faire de sport cet hiver pour cause de fer­me­ture d’é­qui­pe­ments publics, pen­dant que la France par­ti­ci­pe­ra sans réserve à une coupe du monde éner­gi­vore et cli­ma­ti­cide au Qatar.

Partagez
cette page

Partagez cette page

À consulter également

« Je déprime moins en simu­lant l’orgasme qu’en simu­lant ma retraite », ai-je lu sur une pan­carte. M. le Ministre, les femmes sont dans la rue,
1 février 2023

Recevez
la newsletter

Recevez la newsletter