Sarah Legrain

Publié le 22 septembre 2022
22 septembre 2022

Contraception : pour que la charge incombe aussi aux hommes

Retrou­vez mon inter­ven­tion au sein de la Délé­ga­tion aux Droits des femmes à l’oc­ca­sion de l’au­di­tion de Mme Syl­vie Pierre-Bros­so­lette, pré­si­dente du Haut conseil de l’Égalité.

Mme la pré­si­dente du Haut conseil de L’Égalité, mes cher·ère·s col­lègues. J’aimerais abor­der avec vous le sujet de la contra­cep­tion mas­cu­line. Depuis 50 ans, le contrôle des nais­sances repose lar­ge­ment sur les femmes, alors que cet enjeu concerne toutes les per­sonnes en capa­ci­té de procréer.

Mal­gré une faible impli­ca­tion de l’industrie dans ce domaine, on remarque une réelle demande, ce que cor­ro­bore une récente péti­tion, parue dans le quo­ti­dien Libé­ra­tion. En 2020, sur les 21 000 consul­ta­tions autour de la contra­cep­tion, 200 envi­ron concernent la contra­cep­tion mas­cu­line. C’est très peu, mais c’est trois fois plus qu’en 2018 ! Et sur les dix der­nières années, la demande est expo­nen­tielle : selon les der­niers chiffres de l’as­su­rance mala­die, le nombre de vasec­to­mies rem­bour­sées en France est pas­sé de 1.908 en 2010 à 23.306 en 2021. Dans le même temps, le nombre de liga­tures des trompes a chu­té de 10 000 interventions.

Il n’est pas admis­sible qu’en France, en 2022, la charge sexuelle incombe presque sys­té­ma­ti­que­ment aux femmes. Les seuls moyens de contra­cep­tion mas­cu­line recon­nus par la Haute auto­ri­té de San­té à ce jour sont le pré­ser­va­tif et la vasec­to­mie, encore consi­dé­rée comme irré­ver­sible. Il est urgent que d’autre moyens de contra­cep­tions soient recon­nus, pro­mus, et rem­bour­sés. Qu’en est-il de la pilule mas­cu­line, dont on entend par­ler depuis 50 ans mais dont on ne voit tou­jours pas la cou­leur ? Mais aus­si des moyens exis­tants qui res­tent igno­rés : l’anneau, les sous-vête­ments chauf­fants, les injec­tions d’hormones, le gel.. etc ?

Ces méthodes existent et il y a néces­si­té à ren­for­cer la recherche médi­cale pour rendre leur usage acces­sible à tous, en toute sécu­ri­té. C’est une ques­tion de liber­té indi­vi­duelle et col­lec­tive, ain­si que de droit à dis­po­ser de son corps. De plus, il s’agit d’un enjeu d’égalité entre les femmes et les hommes, car de telles méthodes per­mettent de sou­la­ger les femmes de la charge exclu­sive des méthodes contra­cep­tives et augure une meilleure répar­ti­tion de la charge sexuelle.

Quelles sont les actions que vous menez et de quelle manière pou­vons-nous, par­le­men­taires, vous accom­pa­gner dans ce combat ?

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